Les variétés de chêne et leurs propriétés

Il existe plus de cinquante variétés de chêne dans le monde, mais seules quelques-unes possèdent les propriétés requises pour le vieillissement du whisky. La variété la plus couramment employée, quercus alba (chêne blanc), est originaire des forêts du nord-est des Etats-Unis. Il s'agit d'un bois facile à courber et dont le grain, dur et serré, est réputé pour sa faible porosité. Le chêne blanc est surtout utilisé pour l'élevage des whiskeys américains mais aussi pour celui des xérès fino et amontillado.

Le chêne européen, de type quercus robur, quercus sessilis ou petrae, intervient notamment dans l'élevage des xérès oloroso, dont les fûts sont très convoités par les distilleries écossaises. Ce chêne présente un grain beaucoup plus tendre permettant d'extraire davantage de composés aromatiques. Avec le développement de la pratique des affinages, d'autres variétés ont été introduites, notamment le chêne français du Limousin (quercus pedunculata), utilisé pour l'élevage du cognac. L'âge de la coupe du chêne varie de 40 à 100 ans pour les chênes américains et de 60 à 150 ans pour les chênes européens.
 
Vous avez peut-être déjà vu des bouteilles portant les mentions « double wood » ou même « three wood » ? Il s’agit de whisky ayant vieilli dans différents types de fûts, le produit final étant un savant blend (mélange) opéré par le Master Blender afin de produire le profil aromatique désiré en utilisant les différentes caractéristiques apportées aux whiskies par les différents types de fûts dans lesquels ceux-ci ont vieilli. Un véritable travail d’orfèvre !
À proposÀ proposÀ propos
Le Mizunara (Quercus mongolica var. crispula) est un chêne japonais devenu emblématique dans le monde du whisky. Il pousse notamment à Hokkaidō et dans plusieurs régions montagneuses du Japon. Sa croissance lente, son grain très poreux et la forme irrégulière de ses troncs rendent sa transformation en fûts particulièrement difficile.Son utilisation dans le whisky débute surtout après la Seconde Guerre mondiale. Faute d’accès facile aux fûts européens et américains, les producteurs japonais, notamment Suntory, se tournent vers ce bois local. Au départ, le Mizunara est peu apprécié : il fuit facilement, se travaille mal et exige un grand savoir-faire. Mais après de longues maturations, les distillateurs découvrent qu’il apporte au whisky une personnalité unique.
Le Mizunara est réputé pour développer des notes de bois de santal, encens, épices douces, noix de coco, miel et bois précieux. Son influence est souvent plus subtile que celle du chêne américain ou européen, mais elle peut devenir très complexe avec le temps.Rare, coûteux et difficile à travailler, il est aujourd’hui considéré comme l’un des bois les plus prestigieux pour le vieillissement du whisky. Il incarne à lui seul l’identité japonaise du whisky : précision, patience et élégance.